Sep 26 2013

Une « Etiquette Energie » pour les menuiseries

Etiquette-Energie-Menuiserie-
Les professionnels des menuiseries lancent un étiquetage standardisé de leurs produits afin d’aider les consommateurs à mieux choisir leurs portes et fenêtres en fonction de leurs performances énergétiques et du confort d’été, selon la zone géographique. Jacques Bordat (CSFVP) et Jacky Benoist (UFME) nous expliquent les dessous de cette initiative.

L’Union des fabricants de menuiseries extérieures (UFME) et la Chambre syndicale des fabricants de verre plat (CSFVP), lancent une « Etiquette Energie Menuiserie Portes & Fenêtres », fruit d’une démarche volontaire. Elle doit permettre aux consommateurs de bien choisir leurs fenêtres lors d’une rénovation, grâce à un étiquetage clair et compréhensible présentant des critères objectifs de performances. Cette étiquette sera apposée très prochainement sur les fenêtres (verticales ou de toit) et sur les portes d’entrée, quels que soient les matériaux (PVC, aluminium, bois ou mixte). « Notre initiative s’inscrit pleinement dans le plan de rénovation énergétique« , indique Jacques Bordat, président de la CSFVP. « Il y a des enjeux écologiques et économiques : nous voyons aujourd’hui se développer des situations de précarité énergétique. L’étiquette indique la possibilité de faire des économies« .

 

Etiquetage anticipé

Car, jusqu’à présent, le choix d’une fenêtre était difficile pour les particuliers qui faisaient face à des informations complexes, livrées dans un vocabulaire technique. « A qui faire confiance ?« , se questionne Jacques Bordat. « Il y avait un doute sur la fiabilité des informations. C’est pourquoi, pour choisir en toute confiance, nous proposons une étiquette simple« . La démarche des industriels s’inscrit dans un contexte réglementaire européen en anticipant l’étiquetage des produits liés à la consommation d’énergie en 2014. Car les fenêtres sont des produits « non liés à l’énergie » mais qui, une fois installées « ont un potentiel considérable d’économies d’énergie », précise le texte de l’Union européenne (2010/30/UE). L’étiquette, développée conjointement par les membres de l’UFME et du CSFVP, se veut simple et rassurante, avec une formalisation déjà connue, similaire à celle des produits électroménagers ou les biens immobiliers.

Efficacité énergétique et confort d’été

L’étiquette comportera tout d’abord la zone climatique indiquée sur la carte de France. « La RT 2012 compte 8 zones climatiques distinctes mais, pour des raisons de praticité, nous avons simplifié le schéma en découpant trois grandes zones« , précise Jacky Benoist, le président de l’UFME. La zone Z1 regroupe le Nord, l’Est, le centre et la Rhône-Alpes, « soit la moitié nord-est du territoire français, plus la Bretagne !« , poursuit-il. La zone Z2 concerne, quant à elle, l’ouest du pays, tandis que la Z3 est celle du pourtour méditerranéen, Corse comprise. Les performances du produit étiqueté sont présentées sous forme de bilan énergétique, fonction de cette zone climatique, découpées en sept niveaux, classés de « A » à « G ». Deux critères sont mis en avant : l’efficacité énergétique, qui permet de maîtriser ses consommations, et le confort d’été, qui détermine le degré de bien-être potentiel d’une habitation.

 

Méthodologie commune accessible à tous les fabricants

« La méthodologie employée est celle d’un outil de calcul déterminant le classement des menuiseries dans les deux catégories, selon leur impact sur la consommation d’un bâtiment« , explique Jacky Benoist. La méthode « e2mf », validée par l’Ecole des Mines de Paris, est basée sur des calculs thermiques dynamiques sur un bâtiment de référence qui sont réalisés avec le logiciel TRNSYS17, utilisé par les bureaux d’études français. Elle prend en compte les données du bâtiment de référence et les caractéristiques de la menuiserie extérieure. Afin d’obtenir des classes comparables dans toutes les zones climatiques, le bilan énergétique annuel servant à la définition des classes indique le pourcentage d’économies d’énergie induites par le remplacement de menuiseries extérieures standard par celles du modèle évalué. « Sur la base de cette méthodologie commune, tous les fabricants de menuiseries extérieures peuvent dont établir simplement les performances énergétiques de leurs gammes destinées au marché français« , poursuit le président de l’UFME. En introduisant deux paramètres (Uw et Sw) dans la matrice, les industriels obtiendront instantanément les résultats. L’étiquette permettra alors de comparer les performances des gammes entre elles, mais pas de chiffrer l’économie qui sera effectivement réalisée par les consommateurs.

Un choix éclairé

En zone Z1 et Z2 par exemple, les particuliers seront plutôt incités à privilégier un Sw (facteur solaire) élevé pour bénéficier d’un maximum d’apport solaire gratuit et améliorer le bilan énergétique annuel (efficience énergétique). En zone Z3 en revanche, il sera conseillé de privilégier un Sw peu élevé, pour conserver un bon confort d’été. L’intérêt de l’étiquette, pour les clients finaux, sera donc de pouvoir faire un choix éclairé, adapté au climat de leur région. Quant aux fabricants, elle sera pour eux le moyen de mettre en avant les performances de leurs produits. L’objectif est de généraliser cet étiquetage à 2 millions de fenêtres commercialisées d’ici à la fin de l’année 2013. « Et ainsi limiter la diffusion d’étiquettes diverses et variées en imposant rapidement cette méthodologie et en la faisant reconnaître par les autorités. Nous espérons promouvoir ainsi un standard français dans un contexte réglementaire européen« , conclut Jacky Benoist. La note moyenne « C » des menuiseries laisse une marge de progression pour les produits vers des notes plus élevées.

Un point noir : la pose
Philippe Pelletier, du Plan Bâtiment Durable, salue l’initiative : « Le parcours de la rénovation énergétique passe par plusieurs gestes, dont l’intervention sur le bâti ou le changement des usages. Mais cette rénovation, contrairement à la construction qui est l’œuvre de professionnels, peut être faite par des non-professionnels. L’accompagnement des ménages est donc primordial. Ils ont besoin d’être guidés dans leurs choix et cet étiquetage est donc intéressant, devenant un élément de pédagogie certain« . Si le visuel commun des performances énergétiques des menuiseries apparaît comme un indéniable progrès, reste posée la question de leur mise en œuvre. La certification « Pose » aurait encore du mal à se faire connaître, reconnaît l’UFME. « Les fenêtres françaises sont d’excellente qualité mais le point noir, c’est la pose« , ajoute Philippe Macquart qui estime qu’environ 115 professionnels sont déjà poseurs certifiés et qu’ils seront le double d’ici à la fin de l’année.

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